Canada/Un programme de vélopartage à l’étude à Ottawa et Gatineau
Un programme de vélos en libre-service pour Ottawa et Gatineau coûterait entre 11,7 et 13,4 millions de dollars à implanter, souligne une nouvelle étude de faisabilité de la Ville d’Ottawa. Il s'agit d'un nouveau pas vers la reprise du service, interrompu depuis 2018.
Si le projet va de l'avant, 1200 vélos seraient répartis sur 115 stations d’ancrages. Le quart de la flotte serait à Gatineau, le reste à Ottawa. Le service de vélopartage serait offert trois saisons par année.
Dans l’étude, deux options ont été évaluées : une première flotte sans vélos électriques et l’autre, avec 20 % d’entre eux.
Le transport est la deuxième dépense la plus importante, après le logement. C’est une solution qu’on peut installer à proximité du tramway pour assurer la connectivité du dernier kilomètre et garantir une meilleure accessibilité pour les trajets domicile-travail, explique le conseiller municipal du quartier Capitale et membre du Comité de l’environnement et du changement climatique à la Ville d'Ottawa , Shawn Ménard.
La présidente de la Commission sur les transports, les déplacements durables et la sécurité à Gatineau, Catherine Craig-St-Louis, seconde. Connecter le réseau d’autobus et de trains légers à d’autres moyens de transport, comme le vélo, multiplie les possibilités, juge-t-elle.
Quelqu’un pourrait prendre l’autobus jusqu’au centre-ville, prendre un vélo jusqu’à son rendez-vous à Ottawa et revenir à Hull.
Des coûts importants à prévoir
Par le passé, plusieurs programmes de vélos en libre-service ont été mis en place à Ottawa, notamment le programme Capital Bixi Bike ainsi que des initiatives telles que Right Bike, VeloGo et CycleHop. Le dernier programme du genre a cessé ses activités à Ottawa en 2018.
La cause de l’échec? L’ancien programme misait majoritairement sur les touristes et sur les entreprises privées, estiment les intervenants rencontrés par Radio-Canada.
Ce n’est pas la même gestion quand tu veux offrir un service qui dessert les bonnes personnes que quand tu délègues complètement au marché, croit Mme Craig-St-Louis.
Les deux villes pourraient bénéficier de financement gouvernemental et de partenaires financiers tout en faisant affaire avec une compagnie privée pour offrir le service. Ottawa et Gatineau seraient toutefois aux commandes du service.
Tout ça, c’est regardé pour assurer une mainmise de la municipalité cette fois, assure-t-elle.
Le coût net estimé pour les cinq premières années après la mise en place du programme se situe entre 18,6 et 21 millions de dollars. Ce chiffre inclut le coût d’exploitation annuel et les coûts de lancement du programme ainsi que l'achat d’équipement.
Selon les projections les plus optimistes, Ottawa et Gatineau devraient financer le projet à la hauteur de près d’un demi-million de dollars annuellement. Dans le pire scénario, ce chiffre se porterait à un peu plus de deux millions de dollars par année.
C’est un coût bas pour avoir 1000 vélos sur nos routes. Le montant semble grand quand on le dit, mais c’est assez bas quand on pense à notre budget de 5 milliards de dollars, relativise M. Ménard.
L'engagement financier de chacune des deux villes reflètera l'étendue du service qu’elle reçoit, précise Mme Craig-St-Louis.
Six fois plus de vélos
Le rapport montre que [des vélos en libre-service] est une possibilité réelle. [...] On veut prévoir une adoption rapide des vélos par les citoyens, dit un membre du conseil d’administration de Bike Ottawa, Guillaume Gaillard.
En 2018, seul le centre-ville de la capitale fédérale était desservi par le programme. Si le nouveau service de vélopartage va de l'avant, la zone géographique couverte ira au-delà du centre-ville et comprendra les quartiers du Glebe, du lac Dow, de la Côte-de-Sable, du centre-ville, de Vanier et de Westboro. Et la flotte de vélos sera six fois plus grande qu’il y a huit ans.
Actuellement, se déplacer à Ottawa est un vrai défi. Le réseau de transport est relativement défaillant. Quasiment la moitié des foyers ne possèdent pas de voitures, poursuit M. Gaillard.
S’il se réjouit de l’avancée du dossier, il estime que le nombre accru de cyclistes doit s’accompagner de financement dans les infrastructures.
Depuis 2025, la Loi visant à lutter contre les retards et à construire plus rapidement limite l’implantation de nouvelles pistes cyclables lorsqu’elles réduisent les voies des boulevards passants en Ontario.
Le rapport stipule que le programme pourrait être mis en place en 2027. Les conseils municipaux de Gatineau et d'Ottawa devront toutefois évaluer le projet et ses coûts avant d'adopter des résolutions pour la mise en place du programme de vélos en libre-service.
Source: ici.radio-canada.ca/


