Canada/Un programme pour sécuriser les zones scolaires du Québec amputé de 18 M$ par an

Publié le 29/08/2025 | La rédaction

Canada

Deux ans après s'être engagé à investir annuellement 38 millions de dollars dans des projets pour sécuriser les trajets scolaires, le gouvernement du Québec recule sur sa promesse, déplorent les organismes Piétons Québec et Vélo Québec.

Des corridors scolaires et des abords d’écoles ne seront pas sécurisés et beaucoup de projets de transports actifs ne se feront pas, dit la directrice générale de Piétons Québec, Sandrine Cabana-Degani.

En 2023, la ministre des Transports et de la Mobilité durable Geneviève Guilbault s'était engagée à renforcer la sécurité routière, en particulier celle des écoliers, avec son Plan d'action en sécurité routière.

Ce dernier prévoyait qu'une somme annuelle de 38 millions de dollars soit versée pendant cinq ans au Programme d’aide financière au développement des transports actifs dans les périmètres urbains (TAPU).

La bonification du TAPU en 2023 par la ministre Guilbault avait comme objectif de permettre aux municipalités d'offrir des infrastructures favorisant le transport actif comme le vélo et la marche. Plus particulièrement, elle visait dans son plan à sécuriser les zones scolaires pour que les municipalités répondent aux nouvelles obligations introduites lors de la modification du Code de la sécurité routière par la CAQ avec son projet de loi 48 en 2024.

Grâce au Plan d'action en sécurité routière, les projets pouvaient bénéficier d'une subvention de 50 % de la part de Québec, et les municipalités étaient tenues de payer le reste de la facture.

Deux ans plus tard, le financement annuel pour l'ensemble du Québec est réduit de près de moitié.

Il y a comme une inadéquation entre les objectifs que le gouvernement s'est donnés et le financement qui n'est plus au rendez-vous pour atteindre ces objectifs-là, note Sandrine Cabana-Degani.

Un besoin urgent

Ça ne fait vraiment pas notre bonheur et, pour nous, la sécurité au pourtour des écoles c'est important. On continue à le faire, mais on a vraiment besoin de l'aide du gouvernement du Québec, indique le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay.

Au bout de la ligne, moins d'argent veut dire moins de projets, résume-t-il. Sur les 133 appels de projets pour 2025-2026, seulement 39 ont été retenus, soit une diminution de 32 % comparativement à l'année précédente où 97 projets sur 158 ont été financés par le TAPU.

Le plan d'action de cinq ans avait été mis en place après que la province eut connu son pire bilan routier en une décennie en 2022. Près de 400 décès avaient alors été recensés par la SAAQ, dont 79 piétons, soit un bond de 22,7 % comparativement à la moyenne de 2017-2021.

La même année, une tragédie a secoué le Québec : une jeune Ukrainienne de 7 ans, Mariia, a perdu la vie après avoir été happée par une voiture à Montréal alors qu'elle se rendait à l'école.

'invite le gouvernement du Québec à réinvestir rapidement dans nos programmes pour mettre nos enfants en sécurité.

Une citation de Guillaume Tremblay, président de l'UMQ

Prévention en sécurité... et en santé

Le programme TAPU existe depuis plusieurs années et ne renforce pas seulement la prévention en sécurité, mais aussi en santé.

C’est vraiment inquiétant de voir qu’on coupe dans ce programme-là. C'est pas des sommes immenses pour le gouvernement, mais ça a des impacts importants, notamment en prévention en santé.

Une citation de Sandrine Cabana-Degani, directrice générale de Piétons Québec

L'insécurité routière est l'une des principales raisons évoquées par les parents pour justifier le recours à l'automobile pour les conduire à l'école, d'après l'Institut national de santé publique du Québec.

Selon cette même agence, entre 2017 et 2021, en moyenne 81 enfants de 5 à 12 ans ont été blessés chaque année par un véhicule lors des heures habituelles de déplacement entre le domicile et l'établissement scolaire. Parmi eux, 47 se déplaçaient à pied et 34 en bicyclette.

Effectuer ses déplacements entre l'école et la maison en transport actif est l'un des principaux moyens de lutter contre la sédentarité chez les jeunes élèves du primaire et les problèmes de santé physique et mentale qui peuvent en découler, selon l'Institut national de santé publique du Québec.

Source:    ici.radio-canada.ca/ 


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