Climat: Les conséquences du réchauffement climatique sur les cultures céréalières

Publié le 09/07/2020 | J&P

De récents travaux scientifiques viennent confirmer l’impact dramatique du réchauffement climatique sur les cultures céréalières en Afrique de l’Ouest, cultures extrêmement importantes pour la sécurité alimentaire et la paix du continent.

En 2019 a paru une étude qui venait confirmer les effets alarmants du réchauffement climatique en Afrique de l’Ouest. Ces travaux scientifiques, parus dans la revue Scientic reports (Nature), ont été réalisés par deux agro-climatologues de l’Institut de Recherche pour la Développement (IRD), rattachés à l’unité de recherche Espace-Dev, en partenariat avec National Institute for Agro-Environmental Sciences au Japon.

L’étude démontre que les changements climatiques ont eu un impact sur les rendements agricoles dès le 20e siècle et mettent en péril la sécurité alimentaire de nombreuses populations. Leur méthode, basée sur de la modélisation, a consisté à imaginer deux situations climatiques : une sans l’empreinte de l’Homme, telle qu’elle était au 19e siècle et une avec des conditions climatiques altérées par l’Homme, en prenant en compte les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l’activité humaine.

De plus, l’étude énonce que le mil semble être plus affecté par le changement climatique que le sorgho dans les deux modèles de culture. En moyenne, en Afrique de l’Ouest, le modèle SARRA-H simule une perte de rendement énorme de 17,7% pour le mil et de 15,0% pour le sorgho. D’un point de vue économique cela engendre des pertes de 2 à 4 milliards de dollars pour le mil et entre 1 à 2 milliards pour le Sorgho.

Sur place, initiatives et adaptations se multiplient : l’association de culture, l’agroforesterie, le maintien des branches au sol pour conserver l’humidité, le choix de planter des céréales plus adaptées aux fortes températures, l’enrichissement et la conservation des nutriments dans le sol s’imposent comme une priorité.

La COP22 tenue à Marrakech en 2016 a marqué un tournant décisif permettant à l’agriculture africaine de lui donner la place qui lui revient dans les dialogues internationaux. Cette prise de conscience a été le précurseur d’un changement dans les conditions de vie des 240 millions d’Africains qui souffrent de sous-alimentation et des 80 % de la population qui tirent ses revenus des activités agricoles.

Au vu des niveaux de précipitation insuffisants, des sécheresses fréquentes, de la pression démographique, de pratiques agricoles inappropriées, les sols africains se sont fragilisés au cours du temps. La consommation de céréales est de plus en plus importante en Afrique, dans un contexte de croissance démographique élevée, cette ressource constitue une base alimentaire et fait partie du quotidien d’un grand nombre de personnes : 80 % de la population active malienne travaille dans le secteur de l’agriculture. Consommées sous forme de grains, de farine, de couscous, les céréales constituent l’alimentation de base pour de nombreuses personnes. L’amidon qu’elles contiennent est une très bonne source énergétique. Le continent aurait donc besoin de tripler ces rendements pour s’assurer une sécurité alimentaire.

Source:    www.villesetcommunes.info

J&P


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