« Renforcer le couple ville-université pour une meilleure compréhension des dynamiques urbaines »

Publié le 16/01/2020 | J&P Mag

Canada, Sénégal

Djibril Diop est chargé de cours à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, au Québec (Canada). Il est membre fondateur du Réseau d’échanges stratégiques pour une Afrique urbaine durable (RESAUD). M. Diop a bénéficié du soutien de l'AUF au cours de son parcours académique et professionnel et a participé en octobre 2019 au colloque annuel de l’AUF organisé à Dakar (Sénégal) sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone dans la promotion de la ville durable et l’évolution des mobilités urbaines. Nous l’avons rencontré.

« Participer au Colloque de l’AUF fut, pour moi, un grand moment de rencontre avec les participants venus de tous les horizons de la Francophonie, donc d’interconnaissance. Ce fut un moment intense d’échanges, notamment avec des collègues travaillant sur les mêmes thématiques et dont les approches m’ont permis d’avoir un nouveau point de vue. Ces moments ont été enrichissants tant sur le plan scientifique que sur le plan humain. Je suis certain que ce colloque va faire éclore de belles perspectives de partenariats, surtout avec la diversité des profils représentés. »

Djibril Diop est chargé de cours à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, au Québec, depuis 2007 après un postdoc au Centre d’études des relations internationales de l’Université de Montréal (CERIUM). Il enseigne également à l’École Supérieure d’Économie Appliquée de Dakar depuis 2010 et intervient comme enseignant dans d’autres universités du Sénégal, notamment à l’Institut de la Gouvernance Territoriale de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et l’Université Alioune Diop de Bambey.

Après une maîtrise en environnement à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) en 1998, il a poursuivi un DEA sur les « espaces ruraux » à l’Université de Toulouse-II-Le Mirail (France) en 1999. Ses thèmes de recherche portent sur la décentralisation, le développement local, les questions de gouvernance territoriale, de gestion et de sécurité urbaines et sur l’environnement, notamment dans les pays en développement.

« Je poursuis actuellement mon exploration sur l’analyse des divers aspects de la gestion urbaine. Car, si la ville reste associée à l’idée de progrès ou de croissance sociale, les dynamiques urbaines peuvent aussi s’accompagner d’une hausse de la pauvreté et d’un décalage entre la ville légale et la ville informelle, source d’exclusion et d’insécurité. »

Au cours de son parcours académique, Djibril Diop a bénéficié d’une bourse de mobilité de l’AUF qui lui a permis d’effectuer en 2010 un séjour à Dakar. « Cela m’a permis d’entreprendre des recherches sur la problématique du foncier urbain à Dakar, d’une part, et d’appuyer l’École nationale d’économie appliquée dans ses enseignements, d’autre part. » Ce travail de recherche a débouché sur une publication en 2012 : « Urbanisation et gestion du foncier urbain à Dakar : défis et perspectives » (Éditions L’Harmattan).

Le Réseau d’échanges stratégiques pour une Afrique urbaine durable (RESAUD)

La même année, l’AUF a soutenu financièrement l’organisation de la première rencontre à Montréal du Réseau d’échanges stratégiques pour une Afrique urbaine durable (RESAUD), dont M. Diop est membre fondateur, avec les partenaires africains. Le RESAUD est une initiative conjointe de l’Université de Montréal et de l’ONU Habitat lancée à Montréal en 2012. Le réseau a un double objectif :

  • placer les villes et les métropoles d’Afrique francophone (en 2050, 60 % des Africains habiteront en milieu urbain) au cœur du Nouvel Agenda Urbain (Habitat III),
  • encourager les chercheurs, experts et praticiens du Nord et du Sud à soutenir les villes d’Afrique francophone dans leur volonté d’améliorer leur modèle de gouvernance pour des villes sûres, saines et inclusives.

« Il s’agit ainsi, à travers le RESAUD, de transformer le savoir académique en action pour aider les élus et les décideurs, notamment à travers trois axes prioritaires : la sécurisation foncière, comme base de toute gestion équitable de la ville, la sécurité publique comme base de toute gestion vivable de la ville et, enfin, la gestion des risques et l’accès aux services essentiels comme base de toute gestion viable de la ville. »

Le RESAUD se veut un réseau d’alliances opérationnelles entre villes et universités articulé autour de l’Université de Montréal :

  • le RESAUD Côte d’Ivoire qui associe l’Université Félix Houphouët-Boigny et la ville d’Abidjan, dont la thématique principale porte sur la sécurité publique et la criminalité ;
  • le RESAUD Sénégal qui associe l’Université Cheikh Anta Diop et la ville de Dakar avec comme axe principal la planification et la sécurisation foncière ;
  • le RESAUD Burkina Faso qui associe l’Université de Ouagadougou et la ville de Ouagadougou autour principalement de la thématique de l’approvisionnement et les services essentiels ;
  • le RESAUD Cameroun qui associe l’Université de Yaoundé 1 et la ville de Yaoundé avec comme axe principal, la gestion des risques environnementaux.

« Le potentiel d’expertise, disponible et facilement mobilisable au niveau des universités africaines ancrées dans les communautés locales, permet aux universités de jouer un rôle de médiatrice dans les négociations lors du montage et de la conduite de projets de développement urbain. A travers le RESAUD, il s’agit ainsi de mettre à la disposition des élus et des décideurs des outils pratiques et des connaissances nouvelles pour leur permettre d’élaborer des politiques urbaines durables pour des villes sûres et inclusives, à travers les données probantes fournies par les « Laboratoires d’études et d’actions urbaines » des universités, explique-t-il. Ces dispositifs permettront ainsi aux villes de résoudre des problèmes concrets et contextualisés et de prendre le leadership en matière de gouvernance durable, tout en permettant aux universités d’avoir une plus grande visibilité tant au niveau national qu’au niveau international à travers leurs productions scientifiques. »

Le RESAUD connait un élargissement important aussi bien vers des organisations internationales, comme l’ONU, que des partenaires stratégiques comme le Centre de recherche pour le développement internationale (CRDI) avec lequel Djibril Diop collabore dans le cadre d’un projet de recherche sur la sécurité urbaine à Dakar, financé par le CRDI et porté par l’Institut africain de gestion urbaine.

Djibril Diop est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la décentralisation et la gestion municipale au Sénégal dont le dernier, coédité avec Aly Sada Timera et publié aux Éditions L’Harmattan en 2018 : « DIAMNIADIO, Naissance d’une nouvelle ville : enjeux et défis d’une gouvernance durable ».

 

Source: auf.org

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