Redon. Ils ont parcouru plus de 3 000 km pour offrir des jouets

Publié le 23/01/2020 | J&P Mag

France, Roumanie, Ukraine

L’association Caridad s’était lancée pour objectif de donner des moments de joie à des enfants d’Europe de l’Est en orphelinat. Mission accomplie grâce aux dons et à une cagnotte en ligne.

Le convoi a quitté Redon (Ille-et-Vilaine) le 3 janvier 2020. Pour les membres de Caridad, association humanitaire catholique redonnaise, l’objectif était d’apporter des jouets, des kits d’hygiène et du matériel éducatif et sportif pour des orphelins, en Roumanie et en Ukraine.

Les enfants impatients de découvrir leurs cadeaux

La route a été épique. « La traversée de la Roumanie ne fut pas chose aisée, notamment lors du passage des Carpates, chaîne montagneuse. Il fallait être extrêmement prudent sur les routes pas, tout le temps, très bien dégagées. De plus, il n’était pas rare de croiser une charrette tirée par un cheval, moyen de transport encore utilisé en Roumanie », raconte Irénée de Poulpiquet, responsable des projets de l’association.

Après 3 000 km de routes, la première destination est atteinte, le 5 janvier au soir. « Les sœurs nous attendaient ainsi que quelques enfants. Nous leur avons offert les cadeaux le lendemain. Le père Nicolas Esnault a bien expliqué le geste de générosité des enfants redonnais en faveur de l’orphelinat. »

Abandonnés à leurs grands-parents

Alors que les yeux des enfants brillaient, les religieuses ont raconté aux quatre Redonnais les histoires cabossées des bambins.

« La plupart sont abandonnés à leur grand-mère, tandis que leurs parents partent vers l’Europe de l’Ouest pour trouver un travail. Souvent, les grands-parents ne peuvent plus assurer l’éducation des enfants et demandent de l’aide des services de l’État roumain qui les confie aux sœurs assomptionnistes de Bacau », rapporte le chargé de mission.

Durant les deux journées du séjour, le père Esnault et l’équipe de Caridad ont pu prendre conscience que sans les religieuses, les enfants seraient livrés à eux-mêmes.

Ça bloque à la douane

Le 7 janvier au petit matin, -14 °C au thermomètre le convoi reprend la route à Jytomyr, en Ukraine. Problème, la douane refuse de laisser passer le camion en raison de l’absence d’un formulaire que l’agence de location avait oublié de remettre.

Ça passe une première fois mais pas au second contrôle. « Au vu de notre déception, un douanier ukrainien nous glissa discrètement le conseil d’essayer un autre poste de frontière. Alors toute cette journée, on la passa à essayer de passer par un autre poste frontalier. Les postes étaient ou bloqués par la neige, ou nous tombions sur des douaniers encore plus catégoriques », racontent les membres de l’équipe.

De la débrouille face aux embûches

Le convoi prend alors l’allure d’une épopée. « Le 8 janvier au matin, la sœur supérieure nous demande d’être prêts à 15 h, des inconnus vont nous transporter jusqu’à une ville ukrainienne, et elle viendrait nous chercher à ce lieu-là, témoigne Irénée de Poulpiquet. Ne pouvant prendre tout le matériel avec nous, nous vidons nos sacs de voyages dans le camion et nous les remplissons au maximum de jouets pour les enfants. » Une heure du matin Jytomyr est en vue.

Des mères désespérées

Là encore, les enfants sont toujours debout, impatients de rencontrer les Français et de voir leurs cadeaux. Les témoignages s’enchaînent. L’un d’entre eux bouleverse les membres de Caridad.

« Quatre sœurs étaient dans l’orphelinat après que leur maman, les élevant seule, tenta de les tuer en leur jetant de l’eau bouillante ou en les noyant dans une rivière. Et pourtant, en voyant ces filles heureuses de notre venue, nous avons du mal à imaginer les épreuves qu’elles ont subies. Les religieuses tentent vraiment de recréer une famille », soulignent les bénévoles.

Malgré les embûches, la solidarité a payé et les enfants ont pu bénéficier des cahiers offerts par un magasin de Redon, qui ont fait fureur, tout comme les stylos quatre couleurs ou les savons d’Alep donnés par une entreprise locale.

Désormais, au sein de Caridad, les bénévoles n’ont qu’une chose en tête : repartir l’année prochaine plus fort de leur expérience.

 

Source: ouest-france.fr

J&P Mag


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