Belgique/L’homme de Néandertal a certainement laissé des traces ADN dans la grotte Scladina à Andenne

Publié le 30/04/2026 | La rédaction

Belgique

Vu les fossiles déjà découverts dans la grotte, notamment une mâchoire vieille de 120.000 ans, la présence d’ADN néandertalien à Scladina fait peu de doute. Les chercheurs de l'Institut Max Planck de Leipzig, les meilleurs du monde dans le domaine, sont à Andenne cette semaine pour passer la grotte au peigne fin.

"C’est une aiguille dans une botte de foin mais, mais ça en vaut vraiment la peine."

Aurore Galtier, biologiste à l'Institut Max Planck de Leipzig, sait que son équipe peut rentrer bredouille de cette séance de fouille très particulière à la grotte Scladina. Mais l’enjeu est considérable. "Dans une grotte en Espagne, à Atapuerca, nous avons retrouvé de l’ADN humain datant de 300.000 ans. Ici à Andenne, on pourrait remonter plus loin dans le temps."

Comme dans une scène de crime

Equipés de combinaisons, de gants et de masques stériles, comme dans une scène de crime, les chercheurs allemands arpentent la grotte, un petit grattoir à la main, et ils font délicatement tomber quelques grammes de sédiments dans des tubes à essais.

"Dans chaque échantillon, nous allons retrouver des millions de brins d’ADN différents provenant de toutes les espèces vivantes : bactéries, plantes, animaux et, peut-être aussi, d’êtres humains. Notre travail va consister à extraire de cette soupe génétique les séquences éventuellement humaines ou d’autres mammifères".

400.000 ans d'histoire naturelle enfermées dans une grotte

L’intérêt de la grotte Scladina pour les paléogénéticiens (spécialistes de l’ADN préhistorique), c’est qu’elle permet de remonter jusqu’à 400.000 ans en arrière. Les couches de sédiments, et donc les époques, sont bien identifiées. En suivant les indications des archéologues, les chercheurs de l'Institut Max Planck ont prélevé environ 400 échantillons en tout pour couvrir toutes les périodes.

"En quarante ans de fouilles, la grotte a livré trois fossiles néandertaliens de trois individus différents, explique Kevin Di Modica, archéologue responsable des fouilles à Scladina : une dent datant d’environ 45.000 ans, une autre dent un peu plus vieille, environ 50.000 ans, et une mâchoire de 120.000 ans. Mais les couches plus anciennes n’ont pas encore révélé des traces fossiles comme des ossements ou des outils. On espère y retrouver des traces ADN qui attesteraient du passage de l’homme de Neandertal dans nos régions à des époques plus reculées."

Cette campagne de fouille génétique a duré deux jours. Par contre les résultats des analyses en laboratoire ne sont pas attendus avant plusieurs mois ou même plusieurs années. 

Source:    www.rtbf.be 


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