Belgique/eBloom, la start-up qui redessine les relations humaines dans l’entreprise
L’économie fait de plus en plus appel aux technologies digitales, on ne vous apprend rien ! Et des applications, il en existe pour tout : la mobilité, les communications, le commerce, les loisirs. Un chiffre pour en évaluer le poids : on estime que ces TIC, les Technologies de l’Information et de la Communication, pèsent 70 milliards d’euros en Belgique, dont 18 milliards, rien qu’à Bruxelles. Des entreprises qui naissent, disparaissent, sont rachetées ou gèrent paisiblement leur croissance. Margot Wuillaume, Jasper Vandekerckhove et Marco Amory ont créé eBloom alors qu’ils étaient encore étudiants. Leur postulat de départ : les entreprises doivent fournir un environnement de travail qui attire et retienne les collaborateurs et prévienne l’absentéisme ou le burn-out, à l’heure du télétravail.
L’importance d’instaurer une culture du feedback
Cinq ans après le démarrage de l’activité, Margot, la CEO d’eBloom, travaille dans un espace de coworking, à deux pas du rond-point Montgomery. "C’est pratique, le bureau est facilement accessible en transport en commun et notre outil de travail tient finalement dans un ordinateur. Pas besoin de beaucoup d’espace". C’est ici, que la petite équipe, qui compte désormais 6 collaborateurs (et bientôt cinq de plus), continue de développer le logiciel eBloom. "Tous les lundis par exemple, tous les collaborateurs de nos clients reçoivent une série de questions sur leur smartphone". Une manière pour ces entreprises, de garder le contact avec son personnel, alors que les démissions de jeunes de moins de 25 ans ont augmenté sensiblement ces dernières années. "Les enquêtes de satisfaction existaient avant, bien sûr, mais elles avaient lieu "au feeling" tous les deux ou trois ans. En 2025, ce feedback doit être beaucoup plus fréquent !".
S’installer et rester à Bruxelles, une évidence pour l’équipe d’eBloom
La taille de l’équipe n’impose pas pour le moment de déménager dans des locaux plus spacieux ? "Bruxelles occupe une position centrale en Belgique et est bien desservie en transport en commun. Chez nous, pas de voitures de société, on utilise Cambio pour les déplacements". Avec le recul, la jeune entreprise reconnaît aussi avoir pu bénéficier de l’accompagnement d’organismes comme hub.brussels pour développer son activité. "Pas sûr qu’on aurait reçu le même soutien ailleurs !". Aujourd’hui, contrairement à d’autres PME du secteur, l’équipe eBloom n’envisage pas de s’installer en dehors de la Région, d’autant que le recrutement de collaborateurs n’y serait, pense-t-elle, pas aussi aisé. C’est une belle histoire, se réjouit-on chez Agoria, la Fédération des entreprises technologiques, mais il y a aussi toutes celles qui préfèrent quitter Bruxelles…
"Trop de start-up quittent Bruxelles pour assurer leur croissance"
Brieuc Janssens, le manager d’Agoria, a fait ses comptes, 166 entreprises technologiques auraient quitté Bruxelles en 2023. Pourquoi ? "On parle ici de fiscalité, de mobilité, de trouver les bons talents et en grandissant, elles sont d’autant plus confrontées à ces problèmes-là et préfèrent déménager vers les autres régions". Parfois, pas très loin ! Elles s’installent parfois à Diegem ou Drogenbos, des communes jugées plus attractives que Evere, ou Anderlecht. Il dénonce aussi un manque de vision entrepreneuriale à Bruxelles et ce n’est pas l’absence de gouvernement régional depuis 10 mois qui le rassure. "Sur les 10 dernières années, nous avons constaté à Bruxelles, une augmentation de 25% du nombre d’entreprises dans notre secteur, c’est bien mais il faut ensuite les convaincre de rester et pour cela, il faut une ligne de conduite harmonisée sur l’ensemble de la Région".
Source: www.rtbf.be/