Afforestation: le Congo prévoit de planter dix mille hectares de forêts artificielles

Publié le 13/05/2019 | Thierry Roland Simen

Congo

Pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts naturelles en République du Congo, le gouvernement s’est engagé à investir dans les plantations forestières et agroforestières, dans les plateaux Batétké.

D’une durée de dix ans, le projet vise à substituer le charbon de bois issu de la déforestation des forêts naturelles pour approvisionner le marché.

En vue de sa mise en œuvre, la ministre de l’Economie forestière, Rosalie Matondo, a signé, le 28 mars à Brazzaville, une convention de partenariat avec le directeur général de la Société des plantations forestières Batéké Brazzaville (SPF2B), Bernard Cassagne. Une société spécialisée dans les plantations forestières et agroforestières sur les plateaux Batéké, au nord de Brazzaville.

« Ce projet illustre parfaitement l’engagement de notre pays au plus haut niveau de l’Etat, en matière de gestion durable des forêts et constitue une des réponses à la dégradation des forêts et à la déforestation », a déclaré le Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba, patronnant cette signature de convention.

Des terres à valoriser dans le cadre de ce projet sont reparties en trois blocs : Inga, avec une superficie de 1842 hectares; Oka, 5331 hectares; enfin Ibina, 3309 hectares. Ces sites sont situés respectivement à 70, 75 et 95 km de Brazzaville.

Les financements nécessaires à l'exécution du projet seront recherchés par la SPF2B, selon l'accord. Le gouvernement facilitera, quant à lui, l’accès aux matériels végétaux améliorés disponibles dans le pays. Il appuiera techniquement la conduite de la pépinière et au besoin, facilitera l’acquisition des plants auprès des partenaires du Programme national d'afforestation et de reboisement (Pronar).

Le projet va générer cinq cents emplois directs dans la zone d’affluence et servir de catalyseur au développement des plantations villageoises.

« Le Congo est condamné à planter s’il veut être, dans le futur, un grand pays forestier, peser dans le secteur forestier et industriel de la transformation du bois dans la sous-région, en Afrique et dans le monde tropical », a indiqué le directeur général de la SPF2B, avant de relever que disposer de sa propre pépinière est un élément clé de réussite d’un tel projet. Car, un pays forestier de demain est celui qui plante, reboise des terres détruites, afforeste des terres nouvelles.

 « La forêt plantée produit vingt à quarante fois plus de bois qu’une forêt naturelle tropicale. Elle occupe moins de surface, facile à gérer et les coûts d’exploitation sont moindres », a relevé Bernard Cassagne.

Cette convention vient accompagner le Pronar mis en œuvre dans le Pool avec pour objectif de planter des arbres sur un million d’hectares.

Rappelons que le Congo a une longue tradition de plantation des forêts artificielles qui remonte dans les années 1930. Les différents programmes de recherche-développement mis en œuvre ont successivement permis la réalisation d’une plantation de Limba dans le Mayombe, sur environ cinq mille hectares, au cours des années 1950. Le clonage des eucalyptus vers les années 1970 avait permis le développement des plantations industrielles sur les savanes autour de Pointe-Noire.

Source: www.adiac-congo.com

Thierry Roland Simen


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