Méthanisation : l’union sacrée entre l’acteur local et le professionnel

Publié le 01/06/2018 | Maxwell Lewis Baboula

France

Porter un projet de méthanisation demande du savoir-faire, mais aussi l’appui du territoire pour en accueillir l’installation et fournir des intrants. Les collectivités, les établissements publics et les entreprises locales de distribution peuvent s’associer avec les opérateurs privés pour investir. Cinq à dix méthaniseurs sont en projet sur le territoire de l’ex-région Picardie. Ils sont soutenus par un ensemble d’acteurs publics et privés.

methanisation[Hauts-de-France, 6 millions d’hab.] L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le monde du gaz martèlent en chœur qu’il est possible d’accueillir 100 % de biométhane sur le réseau d’ici à 2050. Il est donc grand temps de relever ses manches car, actuellement, cette part ne représente que quelques pour cent. Dans les Hauts-de-France, précisément dans l’ex-région Picardie, l’entreprise locale de distribution (ELD) Sicae-Oise et la société Evergaz entendent y contribuer. Ensemble, elles ont créé une structure de codéveloppement de projets, baptisée Hauts-de-France méthanisation, qui investira une vingtaine de millions d’euros dans les cinq prochaines années. De quoi, a priori, construire cinq à dix installations d’injection de biométhane, mais aussi de cogénération.

Gérant environ 5 % des réseaux publics d’électricité français (1), les ELD sont des acteurs privilégiés de la transition énergétique de par leur bonne connaissance des acteurs locaux et des problématiques énergétiques. Travaillant pour 184 communes, Sicae-Oise a, en outre, une autre corde à son arc. Contrairement à la plupart des ELD qui sont des régies publiques, voire des sociétés d’économie mixte, le gestionnaire du réseau est, pour des raisons historiques, une société d’intérêt collectif agricole d’électricité (d’où l’acronyme Sicae). Il a, de fait, des origines et un actionnariat lui permettant de créer un lien direct avec le monde agricole.

Fumiers, lisiers, cultures à vocation énergétique

Et ce sont bien les agriculteurs qui apportent les principaux producteurs d’intrants de méthanisation, à travers leurs fumiers, lisiers ou les cultures intermédiaires à vocation énergétique. Ils sont aussi les consommateurs du résidu solide de l’opération (le digestat) et souvent les propriétaires de terrains pouvant potentiellement accueillir une installation.

Au-delà de l’enjeu énergétique, investir dans les renouvelables est une question de survie pour les ELD. En plus de gérer le réseau, Sicae-Oise fournit l’électricité des abonnés qui optent localement pour le tarif réglementé de vente. Mais la disparition progressive du tarif historique pourrait assez vite bousculer son équilibre économique si l’entreprise ne cherche pas de relais de croissance. Très concrètement, Sicae-Oise va prendre une participation dans la société Evergaz, qui possède déjà plusieurs méthaniseurs en France comme en Allemagne, et qui s’est développée sur les différents segments d’activité du biogaz : études en amont, développement et exploitation. Les deux structures investiront ensuite chacune 50 % dans Hauts-de-France méthanisation, dont les projets se devront donc d’être consensuels.

Source: www.lagazettedescommunes.com

Maxwell Lewis Baboula


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