Les villes jumelles observées à la loupe

Publié le 29/03/2018 | Maxwell Lewis Baboula

France

Après la période des jumelages, les accords de coopération ont le vent en poupe. Avec des retombées économiques espérées

marseille

Dès l'entrée dans Marseille, un panneau annonce la couleur. La France compte plus de 7 000 villes jumelées à travers le monde.

C'est l'un des effets directs du voyage entrepris au mois de novembre à Miami. Et de l'accord de coopération signé entre le comté de Miami-Dade et la Métropole Aix-Marseille-Provence.

Dès l'an prochain, deux nouveaux bateaux de croisière venus des États-Unis passeront par Marseille pour y faire escale. Avec des retombées économiques en perspective. "Nous agissons dans l'intérêt général et pas uniquement dans l'intérêt de la collectivité", précise Jean Roatta, adjoint au maire (LR) délégué aux relations internationales depuis son bureau de la place François-Mireur, pour signifier le rôle fédérateur du voyage entrepris en Floride. "Nous sommes au service d'une population, d'un territoire, et j'ai la chance d'être entouré à mes côtés d'une équipe formidable,"poursuit-il. Après la période de multiplication des jumelages dans les années 50, l'heure est aujourd'hui aux accords de coopération. Pour l'élu, il faut y voir la montée en puissance du rôle des collectivités : "À l'époque, les collectivités n'avaient pas de poids dans les affaires internationales, ce n'est plus le cas aujourd'hui".

Au début du mois de février, le nouvel ambassadeur de Russie en France, Alexey Meshkov, effectuait une visite officielle à Marseille, son premier déplacement en province depuis sa nomination en octobre 2017. Elle faisait suite à la lettre d'intention paraphée par les représentants de Marseille et Moscou, pour développer les échanges entre les deux villes. Notamment sur les plans économique et culturel. "Notre territoire intéresse aujourd'hui les Russes qui ont tendance à s'éloigner un peu plus de la Côte d'Azur pour venir voir ce qui se passe en Provence", affirme Jean Roatta. La même réflexion est valable pour d'autres pays". On pourrait également évoquer la visite d'un émissaire cubain, Elio Eduardo Rodriguez Perdomo, reçu en en février, dans la perspective de futurs échanges entre les deux pays. "Notre priorité, c'est l'emploi, les retombées économiques, notamment en matière de tourisme," martèle Jean Roatta. "Aujourd'hui, nous mettons le paquet sur l'économie et la création d'emplois, réplique en écho Didier Parakian, adjoint LR à l'économie et aux relations avec le monde de l'entreprise. C'est la raison pour laquelle des entrepreneurs sont présents à chaque déplacement à l'étranger". 127 délégations étrangères ont été accueillies en 2017 dans notre ville, ce qui représente une hausse de 27% dans ce domaine par rapport à l'année précédente. "La nouveauté, ces derniers temps, vient du fait que certaines villes viennent nous solliciter" constate Didier Parakian.

La réflexion serait particulièrement vraie pour les Philippines, le Vietnam ou la Chine. Le poids de l'Empire du Milieu dans ses représentations, avec ses 22 missions, est considérable. La Chine entend faire de Marseille une place stratégique en Méditerranée pour conforter son projet des nouvelles routes de la soie. L'intérêt de l'Asie pour notre ville n'est pas nouveau. Le rapprochement avec Shangaï, la ville "soeur" asiatique de Marseille, remonte à 31 ans. Rien à voir, d'accord, avec les liens tissés avec Hambourg, vieux aujourd'hui de 60 ans. L'amitié entre les deux villes aura d'ailleurs une résonance particulière en 2018. Les représentants de cette ville portuaire du nord de l'Allemagne auront droit à un accueil privilégié pour les festivités du 14-Juillet. "Nous avons la chance d'avoir à Marseille 73 représentations consulaires, claironne Didier Parakian. C'est la première place diplomatique après Paris". Une particularité qui permet d'entretenir des rapports suivis sur le long terme. Et qui pèse de tout son poids dans l'un des plateaux de la balance des échanges. Pas seulement commerciaux, s'entend.

Jumelages, accords de coopération et autres...

Le concept de "jumelage" est né après la Seconde Guerre mondiale, dans le but de tisser des liens entre nations européennes et pour aider à la réconciliation. Plus de 15 000 collectivités locales sont actives dans ce domaine au plan européen. Le jumelage, en tant que tel, représente un "contrat" entre deux communes, sans limite dans le temps. Il couvre un large champ d'action, impliquant la participation active des personnes et des groupements représentés. Lors d'un jumelage, la collectivité a le choix de gérer directement le dossier au sein d'un service ou d'en déléguer la responsabilité à une association sous contrat. La coopération décentralisée est une coopération de collectivité locale à collectivité locale. Elle est axée sur la valorisation d'expériences, les échanges de savoirs et le développement économique. Les lettres d'intention sont une première étape nécessaire à la mise en place d'échanges plus fructueux.

Source: www.laprovence.com

 

Maxwell Lewis Baboula


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