Farines locales fortifiées : 40 femmes formées aux techniques de fabrication

Publié le 06/08/2018 | Thierry Roland Simen

​Quarante actrices de développement, en provenance des départements de la région de Thiès, Diourbel et Kaolack, ont reçu leurs attestations après avoir suivi, avec succès, une formation, du 2 au 6 juillet 2018, sur la fabrication de farines enrichies. Mme Astou Mbacké Gaye, directrice de l’unité de production, est chargée de la vulgarisation de ce programme de « Feed the future » au Sénégal.

Astou Gawane Sy, actrice de développement, pensionnaire du Gie Touba Darou Salam, exhibe fièrement son attestation de formation sur les techniques d’extrusion de farines locales fortifiées à base de céréales et légumineuses locales. Elle a passé 5 jours à se perfectionner avec ses paires de la région de Diourbel grâce à des techniciens et nutritionnistes de l’Ita (Institut de technologie alimentaire) et de l’Usaid/Fpl (Food processing lab). Une étude sur la consommation, le besoin et la disponibilité des farines enrichies au Sénégal a révélé que 90.000 tonnes de farines enrichies sont consommées par an dans notre pays et que plus de 80 % de ces farines enrichies sont importés, avec une préférence pour les farines instantanées.

De l’avis du Dr Djibril Traoré, spécialiste en nutrition humaine, chercheur au projet Usaid/Fpl, fournisseur de l’extrudeuse, et qui a mené le programme depuis le début,  la formation des formateurs a été jugée très satisfaisante. En effet, plusieurs modules ont été étudiés, allant de l’hygiène pour la qualité dans la préparation du produit dans toute la chaine de valeur à la comptabilité et à la gestion de l’entreprise. « Nous sommes suffisamment outillées pour passer à l’étape supérieure », a fait savoir Adja Oumy Cissé pour qui la formation a permis, pendant ces 5 jours, d’acquérir d’importantes connaissances dans le domaine de la transformation de céréales mais aussi de la composition de farines enrichies à base de céréales locales.

« Ce produit bien de chez nous met un terme à la malnutrition, facteur de mortalité infantile dans notre pays », a assuré le Dr Traoré. Il a fait savoir que l’objectif final de ce programme est de contribuer au Plan Sénégal émergent (Pse) dont il épouse les contours, mais aussi de rendre les Sénégalais aptes à l’émergence dès le bas âge, en ayant une bonne hygiène de vie et en étant compétitifs à tous les niveaux, avec la consommation de cette farine. « A présent, a-t-il renchéri, il y a une égalité des chances pour un développement cognitif de tous les enfants du pays ».

Pour Mme Astou Mbacké Gaye, pionnière du développement de la région de Diourbel et directrice de l’unité de transformation qui abrite la formation, c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. « Nous sommes dans ce programme d’extrusion et nous assurons le volet de la vulgarisation.  La technologie nous a été transférée à travers une série de formations à l’Ita.

ujourd’hui, avec l’extrudeur, nous produisons une farine enrichie instantanée à base de céréales et légumineuses locales », a-t-elle expliqué.

Un produit pour réduire la mortalité infantile
Mme Gaye a précisé que, conformément à l’axe II du Pse, ce programme va promouvoir le consommer local avec des produits bien de chez nous composés de céréales, fruits sauvages et légumineuses (mil, maïs, niébé,  sorgho, fonio, moringa, bouye, etc.) pour avoir une protéine complète, absolument nécessaire au développement de l’enfant de 6 mois à 5 ans, du fait de sa composition, et lutter contre les maux liés à la malnutrition. La préparation de ces farines permet d’avoir, « en moins de temps et avec moins d’énergie, un produit hygiénique », s’est-elle réjouie, soulignant que la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm) et  le Programme alimentaire mondial (Pam) sont des partenaires qui les utilisent au Sénégal et dans la sous-région. Sur ce, la chargée de la vulgarisation de ce programme de « Feed the future » au Sénégal a souhaité une rapide expansion de la technique d’extrusion et de l’extrudeur.

De son côté, le Dr Fallou Sarr de l’Ita a indiqué qu’il suffit « de 5 minutes pour disposer de son repas, contrairement aux farines pour lesquelles il faut au moins 20mn ». Pour cette raison, il a estimé que ce produit serait « bénéfique pour les populations des régions de Matam, Tamba et Kédougou où la malnutrition est encore tenace. « Disposer de cette expérience leur permettra de combattre la mortalité infantile », a-t-il noté.

Mamadou DIEYE

300 KG PAR JOUR CONTRE 100 KG PENDANT 2 À 3 JOURS
Vainqueur du Prix du chef de l’Etat 2018 dans la région de Diourbel,  le Gie « Seddo Ndam » était représenté par Mme Adja Fatou Diallo, sa présidente. Sokhna Marième Dieng de « Baol céréales » était aussi présente. Ces actrices de développement n’ont pas tari d’éloges à l’endroit de Mme Astou Mbacké Gaye. « En théorie, la formation a largement répondu à nos attentes et dans la pratique, je pense que, pour faire 100 kg de farine, il nous faut 2 à 3 jours, alors qu’avec l’extrudeuse nous pouvons produire 300kg/jour », a témoigné Mme Diallo. Elles ont aussi sollicité des autorités un fonds de roulement et  la démultiplication de cette expérience dans leurs localités respectives.

Source: lesoleil.sn

Thierry Roland Simen


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