Tchad : 650 millions $ pour assurer la décentralisation, le développement du secteur privé et de la finance inclusive

Publié le 27/06/2018 | Thierry Roland Simen

Tchad

Grâce à son accord sur la restructuration de sa dette envers le trader international Glencore, ainsi qu’à une série de réformes entreprises pour améliorer son climat des affaires, le Tchad a su regagner la confiance du FMI et de ses partenaires au développement.

Cette embellie permet aujourd’hui au pays de dérouler un ambitieux programme de développement durable d’un budget global de 650 millions de $, dont 424 millions $ d’investissements directs.

Ce Programme d’Appui au Développement Local et à la Finance Inclusive au Tchad (PADLFIT) comprend essentiellement 3 volets : encourager l’entreprenariat et l’investissement privé, développer la finance inclusive et mener une politique active de décentralisation.

 

Au niveau opérationnel, le PADLFIT devrait se traduire, par la multiplication, dans chaque région tchadienne, de stations hydrauliques et d’aménagements agricoles (irrigation, marchés, chaine du froid, transformation locale), de projets d’électrification (notamment en offgrid) et d’infrastructures culturelles et de formation.

De plus, un fonds d’appui institutionnel et un fonds de refinancement et de garantie devraient apporter des solutions aux producteurs et aux entrepreneurs locaux en quête de moyens.

Cette première phase du PADLFIT sera pilotée conjointement par le gouvernement et par le PNUD. Il est prévu ensuite, dès 2022, que le pays vole de ses propres ailes pour une seconde phase qui le ménera jusqu’en 2026.

 

13876 plaidoyerGrâce à ce projet de développement, le Tchad espère tirer le meilleur parti de ses richesses naturelles à savoir 39 millions d'hectares de terres arables, 84 millions d'hectares de terres boisées ou de pâturage naturel ainsi que d’importantes ressources minières (or, diamant, fer, zinc, bauxite, etc.) et pétrolières. Il vise également le développement de quelques 200 000 micro-entreprises afin d’offrir des perspectives à sa jeune population.

Pour rappel, en septembre 2017 à Paris, la table ronde des partenaires au développement avait évalué à 20 milliars $ les intentions globales de financements et d’investissements en faveur du Tchad. Suite au récent le feu vert du FMI, ces promesses devraient enfin commencer à se concrétiser.

13876 AideComme les autres pays du Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Niger, le Mali et la Mauritanie, le Tchad souffre de conditions climatiques difficiles et d’une pauvreté récurrente qui fait le lit des conflits inter et intra-communautaires, de l’extrémisme religieux, des trafics illicites et des mouvements migratoires incontrôlés.

Les pays donateurs engagent beaucoup de dépenses militaires et sécuritaires pour traiter les conséquences de cette pauvreté. Le consensus semble aujourd’hui se faire, tant au niveau local qu’international, sur la nécessité de mobiliser des moyens suffisants et de mettre en place une bonne gouvernance, afin de traiter, cette fois-ci, les causes profondes de ces dangereuses dérives et assurer aux populations du Sahel un avenir meilleur, dans la paix et la stabilité.

Source: www.agenceecofin.com

Thierry Roland Simen


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