Démarrage du Programme d’appui à l’emploi dans les zones frontalières et périphériques

Burkina Faso

Le lancement officiel du Programme d’appui à l’emploi dans les zones frontalières et périphériques, mis en œuvre par Expertise France, a eu lieu le 7 novembre dernier à l’Institut français de Ouagadougou. L’événement a été l’occasion de présenter les résultats de l’étude préliminaire de terrain, réalisée dans le cadre du programme, et de signer un accord de partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Formation et de l’Insertion professionnelles, en présence du Ministre et de l’Ambassadeur de France au Burkina Faso.

Professionnaliser et encourager l’entreprenariat dans 3 régions

Financé par l’Union européenne, ce programme vise, d’une part, à stimuler l’employabilité des jeunes et des femmes, via des formations professionnelles adaptées à la demande locale, et d’autre part à favoriser la création d’emplois productifs en stimulant le développement de micro et petites entreprises.

Trois régions du nord du pays sont ciblées : la Boucle du Mouhoun, le Nord et le Sahel. Dans ces régions particulièrement touchées par l’insécurité et le manque de perspectives économiques, l’objectif du programme est la sécurisation et la création d’emplois durables pour les jeunes et les femmes, en lien avec leurs besoins, leurs potentiels et les potentiels économiques des régions où ils se trouvent.

La solution proposée : valoriser et professionnaliser leurs compétences et les accompagner dans la création d’entreprise pérenne. Concrètement, ce sont 10 000 jeunes et femmes qui auront accès à de la formation professionnelle et de l’accompagnement à la création d’entreprise.

Agir au plus près des territoires en concertation avec les autorités locales

Afin de répondre aux besoins économiques et sociaux propres à chacun de ces territoires, l’équipe projet a choisi une approche localisée et concertée avec les autorités locales, au premier rang desquelles les Conseils régionaux, compétents en matière de développement économique et d’emploi.

La mise en œuvre du programme s’appuie d’abord sur une analyse précise des situations locales dans les 3 régions concernées, puis sur l’intervention des organisations de la société civile, déjà au contact des populations.

Un cabinet d’étude, la SIMAQ, a été mandaté par Expertise France pour mener une étude de terrain approfondie, avec l’appui de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) burkinabè. L’étude a notamment conclu que :

  • La formation professionnelle manque de moyens humains et matériels et reste concentrée dans les chefs-lieux de régions, tandis que les coûts de formation, les distances, les « pesanteurs socio-culturelles » (notamment pour les femmes) mais aussi le manque d’information sur les métiers porteurs sont des facteurs qui limitent le recours à la formation professionnelle ;
  • Plusieurs modalités d’accès aux financements pour la création d’entreprises sont accessibles (souvent via des coopératives) mais certains freins limitent l’accès des populations locales, et notamment des jeunes, à ces financements (exigence de garanties, analphabétisme, etc.)
  • La société civile burkinabè est très dynamique et dispose d’une grande liberté d’action ;
  • des pistes d’action en matière de renforcement de capacités ont été identifiées.

L’enjeu est maintenant d’identifier des solutions concrètes pour améliorer l’accès à la formation et à l’entreprenariat des jeunes et des femmes de ces régions. Dans cette optique, des appels à propositions seront lancés fin 2017 afin de financer des projets portés par la société civile.

C’est par le choix des actions financées que le programme pourra faire une différence. Dans ce but, l’étude de terrain est actuellement utilisée afin de proposer des activités ciblées et efficaces, avec plusieurs lignes directrices :

  • Miser sur la durabilité par le financement de formations certifiantes et une implication systématique des autorités locales dans le suivi des projets financés ; 
  • Cibler les potentialités d’emploi et les besoins par un appui dans les secteurs prioritaires et porteurs (agriculture, élevage, artisanat, commerce et bâtiment) ;
  • Financer des solutions innovantes adaptées aux réalités locales, en faisant directement appel aux initiatives de la société civile et en mobilisant l’expertise de l’équipe projet ;
  • Contourner les limites liées aux ressources financières en favorisant l’accès à la formation (subventions, prise en charge de l’hébergement ou de la restauration, accompagnement dans la recherche de financements)

Un programme de renforcement des capacités des organisations de la société civile (OSC) sera parallèlement mis en œuvre par l’équipe projet.

Source : www.expertisefrance.fr


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