Burkina Faso : retour sur les assises nationales de la coopération décentralisée

Les Assises nationales de la coopération décentralisée se sont déroulées du 5 au 7 octobre 2017 à Ouagadougou sur le thème « coopération décentralisée et autonomisation des collectivités territoriales ».

Environ 1000 acteurs majeurs du domaine prennent part à cette rencontre internationale. La cérémonie d’ouverture a eu lieu dans l’après-midi du 5 octobre sous la présidence du ministre d’Etat, ministre de la sécurité Simon Compaoré. Celui-ci a rappelé aux participants que toutes les dispositions ont été prises pour leur garantir « une sécurité pleine et entière dans la ville de Ouagadougou ».

 

Au Burkina, les débuts de la coopération décentralisée remontent à l’année 1967 avec le premier jumelage entre les villes de Ouagadougou et de Loudun en France. Puis, d’autres villes et villages burkinabè avec des collectivités européennes ont suivi plus tard. La plupart de ces jumelages est parti des relations des associations, des amitiés à travers des personnes, des villes et même des pays. Mais, une chose est sûre aujourd’hui : la contribution de cette coopération décentralisée au développement économique et social est très importante. Elle se chiffre en milliards de francs CFA. Sur le terrain, on y voit la construction d’écoles, de centres de santé, de forages, de maisons de jeunes et/ou de femmes, de crédits pour les femmes…

C’est donc dire à quel point la coopération décentralisée peut participer à autonomiser les collectivités territoriales. D’où le choix du thème : « coopération décentralisée et autonomisation des collectivités territoriales ». Venus des différentes communes du Burkina, mais aussi d’autres pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique, le millier de participants vont échanger, trois jours durant, sur la manière dont les collectivités territoriales peuvent, en tissant des liens entre elles et avec celles d’autres pays, apporter une plus-value dans l’amélioration de la qualité de la vie de leurs citoyens. Tous sont là, animés par la volonté et le désir de collaborer, de nouer des relations d’amitié et de coopération. Car, comme l’a rappelé le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béouindé, par ailleurs président de l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF), « c’est ainsi que nous allons être plus riches, plus forts pour faire bouger véritablement les lignes en faveur de nos populations ».

A la suite du bourgmestre de la capitale burkinabè, c’est le président de l’Association des régions du Burkina Faso (ARBF) de prendre la parole pour souhaiter la bienvenue aux hôtes. « Pour être plus fort, un Etat a besoin de renforcer ses territoires, de rendre ses collectivités territoriales véritablement autonomes. Une autonomie qui se nourrit d’un partage d’expérience à travers la coopération décentralisée qui rapproche les peuples et permet de bâtir les nations », a confié Eric Tiemtoré. Avant d’appeler à une plus grande autonomisation des collectivités territoriales, tout en souhaitant que « ces assises tracent des pistes d’une forme de coopération décentralisée mieux adaptée aux attentes actuelles ».

C’est le ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Simon Compaoré, qui a présidé la cérémonie officielle d’ouverture des travaux, au nom le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, en mission hors du Burkina. Le ministre Compaoré a d’abord tenu à rassurer les participants sur l’aspect sécuritaire. « Mon département a pris toutes les mesures nécessaires pour vous assurer une sécurité pleine et entière dans la ville de Ouagadougou. Ceux qui viennent pour la première fois à Ouagadougou pourront sortir la nuit et même aller sur l’emblématique avenue Kouamé N’Krumah », a-t-il précisé d’entrée.

Depuis 1967, les collectivités territoriales entretiennent de nombreux liens de coopération décentralisée avec les collectivités territoriales du Nord et du Sud, les ONG et associations de développement. Cette coopération décentralisée se caractérise par la diversité des acteurs mobilisés (collectivités territoriales, ONG, services déconcentrés de l’Etat, associations) et par la richesse des échanges, en témoignent les nombreuses réalisations perceptibles sur le terrain en termes d’infrastructures et d’équipements (écoles, dispensaires, forages…). « Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’aujourd’hui, la coopération décentralisée au Burkina se présente comme un modèle reconnu ayant fait ses preuves en matière d’appui au développement et de renforcement des capacités des communautés à la base », a rappelé Simon Compaoré.

La présente édition des assises nationales de la coopération décentralisée a été l’occasion de relancer la coopération décentralisée qui a connu une léthargie pendant la période de la transition politique qu’a traversé le Burkina Fas, mais aussi de rassurer les partenaires extérieurs sur le renforcement du processus de décentralisation dans le pays.

Source : lefaso.net

 


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